P1040916 copie.JPG
P1060849.JPG
nuit-du-conte-2013-1-21.jpg
Arbre de papier.jpg
nuit-du-conte-2013-1-22.jpg
IMGP5411_edited_edited.JPG
nuit-du-conte-2013-1-10.jpg
DSC_3980.JPG
14332201519_b30ef38f4b_b.jpg
IMGP4391.JPG
IMGP5525.JPG
CLAUDIO_edited.jpg
DSC_4363.JPG
14152267867_821f66e49d_o.jpg
IMGP5517_edited.JPG

La marche à suivre 2016

Chaque mois, vous pouvez retrouver ou découvrir ici la restitution d'un récit collecté lors d’un des précédents Temps de Dire, sous forme de texte et/ou d’extraits audios du spectacle correspondant.

Chaque mois, un conteur ou une conteuse viendra sur la page de "la marche à suivre" vous raconter... sa rencontre.

Chapeau Melon - Claudio le Vagabond
00:0000:00

CHAPEAU MELON (de l'autre côté de la route)

 

 

Souvent, les ouvriers des cimenteries de Ranteil, à Albi, recevaient de sacrés surnoms, de même que leur femme et leurs enfants : Rocambole, l'Ange blanc, Marie la pompe, etc. Je voudrais vous parler aujourd'hui de quelqu'un qui n'était pas ouvrier, qui n'avait pas de surnom, mais qui faisait – et fait encore – partie de la famille.

 

 

Il faut aller en face de l'usine. De l'autre côté de la route de Castres. Pour rencontrer Chapeau Melon.

Avant de partir à la retraite, Chapeau Melon était agriculteur. Quand il bossait là, de l'autre côté de la route, l'usine faisait bien sûr partie du paysage. Il entendait les bruits : le rugissement du four, les détonations du concasseur, la sirène de midi pour la pause déjeuner et celle de six heures pour la fin du boulot. Il apercevait les grands nuages de poussière.

Chapeau Melon aurait pu être ouvrier à l'usine. Après tout, son grand-père l'était, à une époque où il n'y avait pas d'autre énergie que l'huile de coude pour faire marcher l'outillage. Mais le grand-père a décidé que c'était vraiment trop dur : il était hors de question que son fils – le père de Chapeau Melon – finisse ouvrier à son tour.

Alors le grand-père a négocié avec l'usine et le propriétaire de l'époque, M. Thermes, afin d'acquérir un peu de terre et d'y installer son fils comme agriculteur. Le fils s'est mis au boulot. Il a d'abord produit des melons, puis du lait avec un troupeau de vaches, puis enfin de la vigne et du vin, un petit vin frais, gouleyant, qu'il faisait bon partager entre amis. Tous les ouvriers de l'usine qui vivaient de l'autre côté de la route venaient se fournir chez lui.

À force de travailler la terre, ce nouvel agriculteur en est tombé amoureux ; il a eu envie que son fils à lui reprenne le flambeau. Le jeune Chapeau Melon a hésité, mais comme ça ne s'est pas très bien passé le jour du Bac, il a fini par accepter. Il a repris la terre, les melons, les vaches et leur lait, la vigne, le vin.

Mais au fil des années, c'est devenu plus dur. Et puis de plus en plus dur. Au début, par exemple, tout son lait partait à Albi, à la fondation Bon Sauveur, jusqu'à ce que l'institution décide que ses patients seraient mieux avec du lait en poudre ou en dosettes. Pendant un moment, Chapeau Melon a encore réussi à expédier sa production tout là-bas, à Montauban. Puis il s'est dit qu'il n'avait pas le choix : soit il se modernisait, en achetant des robots de traite, soit il arrêtait les vaches. La mort dans l'âme, il a arrêté.

Pourtant, malgré tous ses soucis, il était tombé amoureux de la terre, comme son père avant lui, et il avait envie que son propre fils prenne la relève à son tour. Le fils était d'accord, alors il a repris… quelques années. Jusqu'à ce que ça devienne vraiment trop dur.

Quand il en parle, Chapeau Melon dit que son rejeton a « le cœur agricole » et que, d'ailleurs, il est resté dans le métier – employé dans une porcherie industrielle. Une fois à la retraite, Chapeau Melon a mis les terres en fermage, avec des gens qui ont recommencé l'élevage laitier en investissant dans des robots de traite. Des fois, il se dit qu'il aurait dû faire ouvrier. Déjà, il aurait touché une meilleure retraite. Et puis le métier d'ouvrier est devenu moins dur, grâce aux machines, alors que celui d'agriculteur n'a cessé d'empirer.

Aujourd'hui, Chapeau Melon est toujours là, de l'autre côté de la route, avec son petit potager et son carré de vigne. Souvent, dans le coin, les anciens viticulteurs conservent un dernier carré de vigne, uniquement pour le raisin de table ; par ici, on appelle ça une « vigne de vieux ». Mais Chapeau Melon, lui, continue à faire son vin, un petit vin frais, gouleyant, qu'il fait bon partager entre amis.

Vous voulez le goûter ? Pas de souci. Chapeau Melon vous attend. Pas loin.

De l'autre côté de la route.

PAROLE DE CARMÉLITE : SŒUR VÉRONIQUE

 

A Albi, tout près du centre, il existe un Carmel où des sœurs vivent recluses. Quelles histoires peuvent-elles avoir à raconter ? Marco et Eva sont allés à leur rencontre. Ils ont écouté Sœur Véronique pendant une bonne heure, dans la pénombre d’un parloir, séparés par une grille de bois. Sa voix chaleureuse leur a conté l’étonnante histoire d’une jeune fille comme les autres qui choisit pourtant d’entrer au Carmel à 21 ans…

Marco Bénard restitue ce récit dans le cadre d’une émission de CFM Radio dont voici un extrait, accompagné par l’accordéon de Raul Barboza, précédé et clôturé par la voix même de Sœur Véronique. Bonne écoute !

Sœur Véronique - Marco Bénard
00:0000:00

LE FUSIL TROP SENSIBLE

Oliviero Vendraminetto vous présente aujourd'hui une histoire de la 2nde guerre mondiale collectée à Puycelsi en 2012, lors du tout premier Temps de Dire. Une histoire de résistance, mais aussi de séduction et de malchance... Un collectage à l'accent britannique, suivi de la restitution jouée en compagnie de Dominique Rousseau.

Le fusil trop sensible - Oliviero Vendraminetto
00:0000:00
En spectacle - Divines Biquettes
00:0000:00
Collectage - Divines Biquettes
00:0000:00

LES DIVINES BIQUETTES

Collectage effectué en 2014, chez la famille Bru à Briatexte, que nous remercions chaleureusement ici pour leur accueil et leur disponibilité. Geneviève et son gendre nous ont fait visiter leur élevage de chèvres, et nous nous interrogions sur la manière de restituer cette visite en scène sans être trop techniques. Jusqu’à ce que Geneviève, au petit déjeuner nous dise: "ici, tout tourne autour des biquettes".

Je remercie également mes comparses Eva Hahn et Céline Verdier pour leurs magnifiques bêlements.

*

Nous sommes les Divines Biquettes.

La terre tourne autour de nous.

Nous sommes les Divines Biquettes.

Dans la marche inversée du Grand Zodiaque, nous venons après le bœuf et le bélier.

Nous sommes les Divines Biquettes.

Un nuage de mouches nous suit comme des paparazzi.

Deux serviteurs chaque jour nous nourrissent, nous chérissent. Ils ont construit le Grand Temple dans lequel ils viennent nous adorer. Chaque matin, nous montons à la traite. Ils recueillent le divin lait de nos divines mamelles. Il paraît qu’ils en font tout un fromage.

 

Lorsque nous sortons du ventre sacré de notre mère, on nous octroie un lait donné en offrande par les vaches. Ainsi, aucun mal n’arrive à nos divins genoux. Seuls les petits mâles tètent mamelle, car leur vie est brève et sans intérêt.

Nous sommes les Divines Biquettes.

Afin de conserver notre divine beauté, dès la naissance, on nous cautérise les cornes. Pour certaines, cela échoue. Elles en deviennent jalouses, méchantes, nous donnent des coups dans le ventre!

Mais chaque année, un serviteur spécial vient pour nous faire les sabots.

Après que nous avons mis bas, on nous appose une délicate marque bleue sur la mamelle gauche. Ceci est le signe de notre divinité.

Nous sommes les Divines Biquettes.

Le froid nous craignons. La pluie aussi. Hors de question de poser nos divins sabots dans une flaque d’eau!

Lorsque nous sommes encore jeunes, on nous laisse cependant sortir. Il faut bien aller découvrir le monde! Aussi les jeunes biquettes vont-elles gambader dans les prés et prendre le frais sous le chêne. Mais dès que frimas arrivent, on les fait entrer à l’intérieur. Elles n’ont plus du tout envie de sortir! Et elles restent là, divines, à l’intérieur du Temple.....

Ils récoltent nos crottes. Ils les épandent dans les champs, ce qui fait en retour pousser une luzerne délicieuse qu’ils nous portent en offrande....Et la boucle est bouclée, divine, absolument divine!

Nous sommes les Divines Biquettes.

Mais depuis peu, 837 a disparu. Nous ignorons où 837 s’en est allée. Quelque temps avant, 746 s’était volatilisée. Et 8 203 que nous aimions tant.

Tout autour du Temple, certains jasent. Les cochons. Les vaches. Ça cancane dans le poulailler. Nous entendons des mots terribles : "réforme", "équarrissage". Mais ce ne sont que jalousie, bavardages, des ragots pour nous effrayer, nous, les Divines Biquettes! Rien de tout cela n’est vrai. Car nous sommes les Divines Biquettes. Le monde tourne autour de nous.

Nous sommes les Divines Biquettes.

A présent, nous avons la connaissance. Nous SAVONS. Nous savons ce que nous devenons lorsque nous ne sommes plus: nous sommes partout. On s’occupe de nos divins corps : ils sont réduits en farine. Divine farine que l’on donne à manger à tous. Nous disparaissons dans le ventre des chiens, nous nous dissolvons dans la bouche des poissons, dans l’estomac des cochons. Nous sommes partout. Nous sommes dans vos maisons, nous sommes dans vos sols, nous sommes dans vos murs, nous sommes dans l’asphalte de vos routes. Nous sommes partout autour de vous.

 

Nous sommes les Divines Biquettes.

Le monde tourne autour de nous.

Autour du monde, nous tournons.

HISTOIRE DE «VIRGINIE»

 

Virginie est assise, frêle avec son regard délicatement perçant, sur un grand canapé. De sa petite voix douce, elle dit qu'il y a quelques temps, ce canapé était tourné dans l'autre sens, il regardait le mur opposé. Là où il n'y avait rien à voir.
Elle a demandé aux responsables de l'épicerie sociale si elle pouvait le tourner dans l'autre sens. Et maintenant le canapé est du bon côté.
Aujourd'hui lorsqu'elle s'assoit sur ce canapé, elle voit tout le monde entrer.
Et surtout elle voit ce qu'il y a à voir, sur le mur en face d'elle.
Elle raconte.
Lorsqu'elle a ouvert les yeux ce jour-là, elle se trouvait dans une chambre d'hôpital. Elle s'est souvenue de son nom. Et qu'elle était maman. De deux petites filles. Lorsque Virginie a ouvert les yeux dans cette chambre blanche d'hôpital, on lui a dit qu'elle avait dormi six mois durant, que durant ces six mois, ses yeux
étaient restés fermés. Les yeux fermés, elle avait respiré durant six mois grâce à des machines, des boutons et des câbles. Un accident de voiture. Tout ce qui lui restait c'était son nom.
Et ses deux filles.
Ses deux filles étaient à l'hôpital, elles aussi. Les yeux ouverts. Handicapées à vie. Alors qu'elle était allongée dans son lit d'hôpital, les yeux fermés et les machines branchées, allumées, sa famille espagnole avait pris la route pour venir s'occuper des filles, pour aider, cuisiner, chanter, pour elles. Pour faire ce qu'il y avait à faire. Pour lui parler à elle dans son sommeil sans fond. Pour trouver les mots, les gestes qui sauraient peut être la faire remonter. Pour lui rendre sa vie. Un jour, par miracle, Virginie a ouvert les yeux à nouveau.
Elle a repris son souffle. Pour une seconde vie.
Depuis lors, les médecins en blanc et sa famille en couleurs ont plusieurs fois questionné sa mémoire, ses souvenirs. Tenté de faire remonter des bribes de sa vie d'avant. Pour reconstituer le puzzle de la vie de Virginie.
Virginie, elle, ne veut pas retrouver la mémoire. Dès que les souvenirs viennent se bousculer sur le bout de sa langue, confus, estropiés, elle est au bord d'un grand trou, et ses paupières tremblent. Il lui semble alors qu'elle plonge tout au fond d'un puits sombre. Ce qu'il y a dans ce puits, le puits seul le sait. Et se tait. Là-bas au fond, il n'y a plus de lumière. Elle ne veut pas revenir en arrière. Elle veut saisir cette seconde chance, et pour ses filles aussi. Sa vie à elle, c'est aujourd'hui. Et aujourd'hui, il y a des tas de choses que Virginie aime faire, et dont elle est fière.
Virginie s'est fait un petit jardin.
Elle aime les ateliers de cuisine qu'on organise ici.
Elle aime bien rencontrer les gens aussi, même si...
Même si maintenant elle est timide. Avant elle n'était pas timide, maintenant elle est timide. Elle aime bien aussi parfois aller au cinéma, au théâtre, au concert, elle aime bien la musique aussi. Ses filles, tant bien que mal, ont su se reconstruire, faire des études, tomber amoureuses... Plus d'une mère serait fière de ces filles-là. Depuis qu'elle vient ici, qu'elle peut s'asseoir dans ce canapé, depuis que le  canapé a trouvé le bon sens, elle a pu ouvrir les yeux encore une fois.
Sur sa vie.
Sur les gens.
Sur ce qui compte pour elle.
Elle peut voir les choses sous un nouvel angle.

Il paraît même que maintenant, les autres remarquent sa présence. Comme si elle était apparue soudainement.
Elle est là. Ici, maintenant. Elle ne se cache pas. Si elle pouvait, elle resterait là toute la journée, la nuit, le jour, tout le temps elle resterait dans ce canapé à la même place. Bon, des fois, il faut quand même qu'elle rentre chez elle.
Chez elle, personne ne vient.
Chez elle, c'est son jardin secret.
Mais ce qu'elle préfère c'est être là dans ce canapé avec tous ces gens qui viennent fréquenter l'épicerie. Et parler avec eux, cuisiner avec eux.
Virgnie est assise, couvrant de son regard une immense fresque peinte aux couleurs douces sur le mur en face d'elle.
Au beau milieu du mur, comme par erreur, il y a une tache jaune vif. Cette tache jaune, lorsqu'elle plonge son regard dedans, elle plonge toute entière dedans. Alors un immense soleil s'invite à l'intérieur, tout chaud.

L'institutrice - Claudio le Vagabond
00:0000:00

L'INSTITUTRICE (collectage anonyme / Temps de Dire 2013)

 

Mme l'institutrice n'a jamais aimé l'école.

Au début, quand Mme l'institutrice n'était pas encore Mme l'institutrice, et qu'elle s'asseyait sur les bancs de l'école du village, ça ne se passait pas toujours très bien. Pendant la guerre, par exemple, il n'y avait plus ni livres ni cahiers. C'était ennuyeux, l'école, sans livres ni cahiers. Alors souvent, elle se prétendait enrhumée, pour pouvoir rester à la maison.

Après, elle a connu l'internat. Celui de la ville la plus proche. Là, ça n'allait pas vraiment mieux. Il faisait froid ; il fallait nettoyer les dortoirs, et, en cas de punition, nettoyer aussi les toilettes. Seule amélioration notable : l'internat de garçons, juste à côté... Pourtant, les garçons, Mme l'institutrice qui n'était pas encore Mme l'institutrice ne les voyait pas souvent. Un peu le jeudi, en cours de sport, quand ils venaient jouer au basket. Un peu le dimanche matin, en allant à la messe. Car le chemin de l'église passait sous les fenêtres des garçons. Ça, oui, c'était mieux. Surtout quand elle parvenait à échanger un petit geste ou un clin d'œil avec celui qui lui plaisait plus que les autres, celui qui deviendrait son mari, des années plus tard.

Mme l'institutrice n'était toujours pas Mme l'institutrice et n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait faire dans la vie. Jusqu'à cette conversation avec une cousine de deux ans plus âgée, qui venait d'être nommée... institutrice. Après tout, pourquoi pas ? Elle a tenté le concours de l'école normale, dans la grande ville. Mais il y avait tellement de candidats pour si peu de places. Et puis les maths, c'était pas trop son truc. La première fois, ça n'a pas marché. Elle ne s'est pas découragée. Elle a insisté. Jusqu'à ce que ça marche et que tout à coup, un beau jour, Mme l'institutrice devienne enfin Mme l'institutrice.

Bien sûr, elle a commencé par des remplacements. Là aussi, c'était dur. Surtout celui dans la montagne. Elle y a retrouvé le froid, toujours le froid, pour seulement cinq élèves. Elle disposait d'un logement de fonction dans la mairie. La nuit, il n'y avait qu'elle et son petit garçon, né entre temps. Son mari travaillait sur la route. Forcément, le petit avait peur ; il fallait lui tenir la main sans montrer sa propre peur.

Mais au bout du compte, à force de remplacements, Mme l'institutrice est revenue dans son village. C'était mieux. Plus tranquille. Mais pas simple pour autant. Tout changeait très vite. Les mathématiques nouvelles arrivaient, avec les ensembles et plein d'autres notions compliquées. Elle devait tout comprendre seule, car personne ne prenait la peine de lui expliquer ce qu'il fallait dire aux gamins. Pour la lecture, il y a eu la méthode syllabique, puis la méthode globale, puis la méthode mixte. Quelle responsabilité terrible de se présenter devant les élèves en cachant qu'elle-même n'était pas sûre d'avoir bien compris.

Le pire, c'était l'inspecteur. L'inspecteur, qui lui rendait visite une heure tous les trois ans et lui donnait une note comme si elle était encore de l'autre côté, sur les bancs. Une fois, Mme l'institutrice s'est dit que pour recevoir l'inspecteur tant redouté, elle allait donner un cours de maths sur l'argent. Afin d'illustrer son propos, elle a apporté des pièces, des billets, et même un chéquier. Mais pendant qu'elle parlait, l'un des gamins a passé son temps à essayer de voler les billets, sous les yeux de cet inspecteur qui venait la voir une heure tous les trois ans.

Puis les années ont passé, passé, jusqu'à ce que finalement, un beau jour, Mme l'institutrice ne soit plus Mme l'institutrice. Maintenant, ça va vraiment mieux. C'est vraiment tranquille. Elle peut souffler.

 

Mais des fois, la nuit, Mme l'institutrice qui n'est plus Mme l'institutrice rêve encore des visites de l'inspecteur.